La crème de la crème
La première rencontre du bloc final, opposant Claudia Romero, n°1 mondiale des -47kg, et sa dauphine ouzbèke Ziyodakhon Izakova, donna le ton d’entrée, pour la première des cinq finales opposant rien de moins que les deux premiers des classements internationaux. Toujours première à se mettre en action, la Mexicaine n’allait pas concéder le moindre point pour convertir l’argent obtenu dans les Hauts-de-Seine en 2022 par de l’or qui allait la conforter sur son trône (8-0). Un schéma suivi scrupuleusement par le Turc Ali Can Ozcan – n°2 des -58kg et plus fort que la douleur qui irradiait son pied droit pour s’envoler rapidement au score (5-0, 20-8, 28-16 score final) et priver de doublé le leader israélien Asaf Yasur – et la Brésilienne Maria Eduarda Machado Stumpf (-52kg), qui passe du bronze de 2022 au titre cette année après un départ canon contre la Mongole Surenjav Ulambayar, intenable en juillet du côté de Brisbane où elle enchaîna trois podiums dont deux sur la plus haute marche (6-0, 11-4, 14-8 score final).

Ce fut davantage serré chez les -63kg, entre le Mongol Bolor-Erdene Ganbat, triple vainqueur en Australie, et l’Italien Antonino Bossolo, finaliste à Montargis début juillet, qui offrirent un intense chasse-croisé à mi-combat avant que le Transalpin ne parvienne à mieux maîtriser sa distance de frappe pour emporter la décision (17-12). L’heure du show de la Brésilienne Silvana Mayara Cardoso Fernandes, première médaillée paralympique de Tokyo en action en cette fin de journée, avait alors sonnée. Le 27-2 qu’elle infligea à la Turque Gamze Gurdal, sa victime attitrée de l’an passé (elle l’a vaincue pour l’or au Grand Prix final de Riyadh ainsi qu’aux Grands Prix de Sofia et Manchester, NDLR) s’avérait un modèle de revanche par rapport à l’issue de leur finale parisienne de 2022. La Turquie qui allait tout de même décrocher quelques minutes plus tard une deuxième couronne par l’intermédiaire de son n°3 des -70kg Fatih Celik, finaliste malheureux l’an passé et intraitable cette fois contre l’Argentin Juan Eduardo Samorano (21-5). Une conversion identique chez les -65kg pour la Danoise Lisa Gjessing, qui s’imposait 6-1 dans le remake de sa finale paralympique de Tokyo remportée contre la Britannique Beth Munro, actuelle patronne de la catégorie. Leur mano a mano promet encore de belles joutes en vue des Jeux, à l’instar du duel proposé en + 65kg par la championne paralympique ouzbèke Guljonoy Naimova et la Britannique Amy Truesdale, sur ses talons aux bilans et qui fut la première à prendre sa chance en mort subite, alors que les cinq minutes réglementaires venaient de s’achever sur un 9-9 enthousiasmant.

Sur la lancée de sa victoire à l’European Para Taekwondo Open de Montargis, le Sud-Coréen Jeonghun Joo (-80kg) allait sauver l’honneur de l’Asie en remontant méthodiquement sur le Mexicain Luis Mario Najera pour mieux le dépasser en seconde partie de combat (17-11). Avant que le dernier mot du jour revienne au Croate Ivan Mikulic chez les lourds, souvent cantonné à l’argent depuis deux ans (Grand Prix final 2022, Grands Prix de Sofia et Paris 2022, championnats du monde 2021 et Jeux paralympiques de Tokyo) mais cette fois triomphal face à l’Américain Evan Medell (15-9). Au total, ce sont vingt pays qui ont dignement été représentés par les quarante médaillés du jour, avec la Turquie qui termine ce Grand Prix en tête (deux victoires, une médaille d’argent et deux de bronze) devant le Brésil, plus gros pourvoyeur avec deux médailles d’or et cinq en bronze, et le binôme Grande-Bretagne/Mexique, un métal de chaque couleur dans leur escarcelle.
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