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French Ecopen Cadets-juniors, le plein d’expérience

Bilan de la journée du dimanche 27 novembre 2022
30 novembre 2022
 

Avec cinquante-deux podiums (contre trente-huit l’an passé), la jeune génération a saisi l’opportunité d’une expérience internationale ce week-end lors du French Ecopen. Trois victoires en cadets pour Mehdi Lemoudda (-53kg), Nassim Miguel (-57kg), Aymen Boumediene (-61kg), quatre chez les cadettes grâce à Yasmine Boutahar (-37kg), Sadio Caumont (-41kg), Aida Toure (-55kg) et Rayhanna Mediouni (-59kg). Et enfin deux médailles* d’or chez les juniors masculins pour Essalmi Ayoub (-73kg) et Nahil Mehnana (-78kg).

Chez les juniors justement, avec soixante-et-onze participants issus des clubs et sept des pôles France (trois de Strasbourg, quatre d’Aix), cette génération juniors 2005-2006-2007 est allée décrocher vingt-deux médailles, un tiers des médaillés étant issus des pôles et 37 % déjà suivis dans le cadre du PAHN. Nous sommes allés à la rencontre des entraîneurs d’Essalmi Ayoub et Nahil Mehnana afin de comprendre comment la performance vient structurer un parcours et à quoi sert la compétition. Des mots qui peuvent résonner jusque dans nos clubs pour accompagner nos jeunes.

Noyau fort et rôle social

Essalmi Ayoub (-73kg), passé notamment par l’Académie Clichoise de Taekwondo, est arrivé à l’École Taekwondo Trappes, un club qui compte près de quatre cents licenciés, il y a quelques semaines. Jaoud Chouba a vu arriver un jeune combattant plein de potentiel qu’il a d’abord fallu canaliser. « Il possède une base technique, une énorme envie aussi et il s’agit pour lui de construire quelque chose sur le plan tactique qui puisse lui permettre de révéler ses qualités et de les exploiter au mieux, précise l’entraîneur. Avec un Espagnol au premier tour, un Canadien au second et surtout le Grec Vailezoudis en demie, il a fallu justement qu’il emploie bien son taekwondo, avant d’aller chercher cette médaille d’or face à un autre Français dont on connaît la trajectoire et les qualités (Uggo Barruol, vainqueur en cadets dans la catégorie inférieure l’an passé, NDLR). Essalmi a vraiment repris l’entraînement il y a peu, il restait sur une compétition qui ne s’était pas bien passée à l’Open de Montargis et c’est donc un très bon repère pour lui de finir vainqueur de ce French Ecopen, l’une de ses dernières compétitions en juniors, puisqu’il passe seniors en janvier. Cette approche de la compétition doit nous servir justement à travailler sur cette transition de catégorie d’âge dont on sait qu’elle n’est pas facile. Il sait qu’il peut compter pour cela sur l’opposition que nous avons au club, avec beaucoup d’athlètes de sa catégorie. Cela crée une émulation où chacun progresse, dans un cadre de club familial où l’on fait attention les uns aux autres, où la solidarité quotidienne est nécessaire autour d’un noyau dur d’une dizaine d’athlètes de haut niveau. La compétition, elle, joue aussi un rôle social important pour ceux et celles qui n’ont souvent que le taekwondo pour sortir de leur quartier, de leur ville, pour voir autre chose et se révéler à eux-mêmes. »

Formé au club

Nahil Mehnana (-78kg) a, pour sa part, été formé à Feyzin, en banlieue lyonnaise. Lahcen El Ouarzaz veille sur lui, pas étonné de sa performance de dimanche mais heureux de voir la progression d’un combattant formé au club depuis ses plus jeunes années et qui incarne un esprit de club puissant. « Cette victoire, qui n’a pas été facile à remporter, est logique dans son parcours après son titre national en espoirs, sa finale en juniors et ses podiums lors des opens européens des derniers mois. Nahil a été formé au club dès son plus jeune âge par mon père Brahim et après avoir fait un break vers le football, qu’il continue de pratiquer, il est revenu au dojang. C’est sans doute la liberté dont il avait besoin même s’il aurait pu performer plus tôt s’il n’avait pas fait cette pause. Surtout, sa progression, avec un solide bagage technique, est aussi le fruit d’un esprit de compétition qui le construit. Il faut dire qu’il a un bel exemple avec sa sœur aînée Inès, championne du monde cadettes en 2014, qui a trouvé quelque chose de très structurant et beaucoup de motivation le jour où elle est entrée dans le dojang de Jean-Pierre Joseph, à Saint-Genis-Laval. Si ce grand professeur est décédé en 2018, il a laissé un héritage, un esprit qui lui survit et qui infuse. C’est cet ancrage fort, familial, que nous perpétuons depuis trois générations dans notre club de 194 licenciés. Pour Nahil, il s’agit de continuer à construire pour assurer un passage serein en seniors. Il a déjà de l’expérience avec eux, et nous espérons qu’il pourra s’aligner sur les France seniors en février prochain. Une autre étape. »

 

Olivier Remy / Sen No Sen

 

*Tama Taputu (+78kg) figure également au tableau final des médailles de ce French Ecopen, mais, seul inscrit hier, le sociétaire du pôle d’Aix n’a pas eu l’occasion de combattre.

 

Retrouvez l’ensemble des podiums et les tableaux complets de la compétition ici