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Paris - Levallois 2026

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J3 - Laurin, impériale / Cheick Cissé, l'albatros

Médaillée olympique, championne d’Europe et du monde, Althéa Laurin n’avait jamais remporté de Grand Prix, malgré trois finales. Elle apporte sa troisième médaille à l’équipe de France après le bronze de Sophie Caverzan en para et celui de Magda Wiet-Hénin hier. On ne pouvait pas rêver meilleur dénouement à Levallois-Perret.
3 septembre 2023
 

Quelle démonstration de la championne du monde, chez elle, devant le public parisien, à onze mois des JO …car on ne peut pas s’empêcher d’y penser. Entrée en lice cet après-midi seulement, le tirage au sort ne lui avait pourtant rien épargné et c’est ainsi la Chinoise Lei Xu, dix-septième mondiale, qui restait sur trois victoires, à Rome, à la President Cup et à l’Open d’Australie, qui s’avançait. Xu marquait la première, mais il semblait déjà écrit que cet Althéa Laurin là se trouvait dans un grand jour. Sans beaucoup de solution dans ce combat, elle tentait de remporter la bataille de la distance et, si elle abandonnait le premier round, elle mettait du rythme dans les deux suivants, avec quelques coups de pied en remise, des déplacements fluides, se montrant solide dans les derniers instants de la troisième manche pour faire la différence. Un premier combat convaincant, mais il fallait ensuite écarter la grande Allemande Lorena Brandl, double médaillée mondiale. À sa main, elle marquait d’entrée avant de gérer la fin du premier round, prenant soin de garder l’initiative. Et c’était une bonne idée, car l’Allemande réhaussait le niveau d’agressivité. Fallait-il laisser passer la foudre ? Cela aurait pu être une option. Mais aujourd’hui, la Française était sur l’initiative permanente et le match s’emballait pour finir sur un 12-11, haletant mais bien maîtrisé. La médaille était assurée, mais Althéa Laurin avait une idée précise du métal convoité.

Sa demie contre la petite prodige turque Sude Yaren Uzuncavdar, dix-sept ans… mais déjà quatrième mondiale, après sa victoire au Grand Prix final l’an passé et l’or décroché aux Jeux européens, allait vite le confirmer. 3-0 au bout de trente secondes, un gros travail de pressing pour forcer la combattante du Bosphore à sortir de l’aire de combat, et elle emportait le premier round avant de passer la vitesse supérieure. 9-4 dans le deuxième et une place pour la finale décrochée avec beaucoup d’autorité… Pour un remake de la finale des championnats du monde. « Un match, un match encore à remporter » lui signifiait, majeur en l’air, sa coache Gülsah Alonso Tapia. Celui pour l’or, l’occasion de « confirmer » sa victoire face à la Britannique Rebecca McGowan, tombeuse notamment de Marie-Paule Blé au premier tour. L’Écossaise, coachée par le Français Torann Maizeroi, installé outre-Manche depuis quatre ans, allait pourtant elle aussi subir la grinta qui habitait la Française ce dimanche. McGowan remportait un premier round très dense 12-7, mais ce n’était pas suffisant pour instiller le doute chez Laurin : une claque 3-0 d’entrée de deuxième round où elle lâchait ses grandes attaques de jambe, mais aussi des variations au poing pour l’emporter 14-10. Un gros rythme qui pesait visiblement sur son adversaire qui ne pouvait que constater les dégâts et subir les impacts dans l’ultime manche : 12-0. Une démonstration qui méritait bien une pluie d’applaudissements du public. En s’imposant contre trois rivales qui l’avaient dominée dernièrement sur le circuit avant de dompter à nouveau McGowan, Althéa Laurin a encore pris de l’envergure et régalé de bout en bout.

… et Cheick Cissé tel un albatros

Quel combattant ! Le taekwondo pratiqué à ce niveau, et avec cette intensité, est incontestablement la plus belle vitrine que peut proposer la discipline. Après avoir écarté l’expérimenté Cubain Rafale Alba, double champion du monde et médaillé olympique à Tokyo, le vice champion olympique macédonien Déjàn Georgievski, puis le Croate médaillé mondial 2023 Pasko Bozic dans un jeu de massacre en demie avec une intensité folle, Cheick Sallah Cissé retrouvait le jeune Britannique de vingt ans Caden Cunningham, victorieux aux Jeux européens et vainqueur d’une demi-finale à l’opposé en termes de spectacle contre le cactus mexicain Carlos Sansores, deuxième mondial. Moins intense que la demie, cette finale allait pourtant donner au plus formidable combattant de la journée la récompense de son talent et de son taekwondo total. Un premier round remporté 1-1, un deuxième scellé 5-2. Le Britannique pouvait regarder le champion olympique de Rio et champion du monde 2023 avec respect, alors que le public lui réservait une ovation. Merci Monsieur Cissé, c’était magnifique !

LES PODIUMS

  • +67 kg : 1. LAURIN Althéa (FRA) - 2. MCGOWAN Rebecca (GBR) - 3. UZUNCAVDAR Sude Yaren (TUR) - 3. LEE Dabin (KOR)
  • +80 kg : 1. CISSE Cheikh Sallah (CIV) - 2. CUNNINGHAM Caden (GBR) - 3. BOZIC Pasko (CRO) - 3. SANSORES Carlos (MEX)