Deux médailles de bronze pour conclure
Il y avait de l’attente et du soutien autour de Bopha Kong, Zakia Khudadadi et Djelika Diallo, dont l’engagement et la détermination résonnent bien au-delà de l’équipe de para-taekwondo. Partenaires d’entraînements, entraîneurs au premier rang desquels Oury Stanzman, sur la chaise de coach toute la journée et Haby Niaré, en tribune, la voix perçante de Gwladys Epangue pour les encourager tous, Hans Zohin qui bouge sur sa chaise… Il y avait de l’ambiance pour cette ultime journée de compétition. Elle débutait parfaitement avec le combat de Djelika Diallo (-65kg), intenable face à l’Ukrainienne Yuliya Lypetska, quatrième mondiale : deux premières minutes à fond pour prendre rapidement le large, avant, logiquement de baisser un peu de régime physiquement à l’entrée de la dernière minute trente, tout en passant le cap des trente points d’écart (35-4) pour mettre fin au combat quarante-cinq secondes avant la fin. Un combat où elle aura ultra-dominé, net et spectaculaire.

Le tour suivant, déjà la demi-finale, lui proposait une opposition encore plus expérimentée : rien de moins que la numéro 1 mondiale Lisa Gjessin, quadruple championne du monde et championne paralympique. Quarante-quatre ans et autant d’expérience, la Danoise marquait d’entrée et gérait parfaitement les attaques de Djelika qui parvenait à mettre deux points, mais, sans autre choix que d’attaquer pour revenir dans le combat, se faisait cueillir par la vista de la Danoise (2-14). Une médaille de bronze qui vient tout de même s’ajouter à celle, en or, du Grand Prix de Sofia et sa cinquième place aux championnats d’Europe. Sa progression se poursuit.
Frustration pour Zakia Khudadadi
Le bilan de cette journée sera forcément plus contrasté pour Zakia Khudadadi. Celle qui fait l’unanimité dans ce groupe France – bien qu’elle porte encore la marque de l’équipe de réfugiés dans le système informatique de la WT – n’a jamais vraiment réussi à mettre en danger la numéro 3 mondiale Turque Nurcihan Ekinci. Peu d’ouvertures, un score très serré (8-10) pour un round de cinq minutes et de la frustration pour celle qui restait sur un podium au Grand Prix de Sofia. Il faut maintenant regarder devant.

Bopha Kong, le guerrier éternel
Du ciel bleu, il y en aurait encore tout de même grâce à Bopha Kong. Arrivé fiévreux et blessé à l’épaule droite, le combattant de Bondy, troisième au ranking mondial, a une nouvelle fois montré que le mot « relâchement » ne faisait pas partie de son vocabulaire. Lors de son entrée dans la compétition face au n°8 mondial, l’Ouzbèk Sanjarbek Muhtorov, il devait en effet aller puiser dans ses ultimes forces pour renverser le combat dans les vingt dernières secondes alors que les deux combattants étaient à égalité 22-22, puis passer devant et l’emporter 26-22. Une entrée en matière qui avait sans doute laissé quelques traces au moment d’attaquer sa demi-finale face à l’Israélien Asaf Yasur. Les vingt ans du combattant du Bosphore, ses frappes ultra-précises à défaut d’être puissantes et sa capacité à créer des espaces faisaient rapidement monter le score au tableau d’affichage pour se conclure sur un 15-30, le Français étant obligé de se livrer, malgré le manque de souffle. De l’or au bout de la journée pour cet excellent Yasur, et du bronze pour Bopha Kong, un guerrier toujours présent qui permet à la France de conclure ce Grand Prix à domicile par une cinquième médaille.
