Théo Lucien, une perf’ en bronze
Théo Lucien, Souleyman Alaphilippe, Dylan Chelamootoo, Magda Wiet-Hénin… la deuxième partie de cette deuxième journée pouvait permettre à l’équipe de France d’y croire.
Souleyman Alaphilippe (-68kg) dispensé de son combat contre le Belge Jaouad Achab - qui ne se présentait pas pour le huitième de finale, retrouvait ensuite le redoutable Britannique Bradly Sinden, champion du monde 2019 et médaillé olympique dont l’intensité de combat est clairement au-dessus de la moyenne. Le Français se lançait pourtant sans retenue dans ce quart de finale spectaculaire de bout en bout, très accroché dans tous les sens du terme et que Sinden concluait 16-18 au premier round. Ce très gros combat en volume et en intensité se poursuivait dès l’entame du deuxième round mais c’est encore Sinden qui marquait et poussait Souleymane à la faute. Mené 0-5, puis 1-8, le score était scellé à 6-13… De la frustration pour le Français qui peut avoir la satisfaction d’avoir tout donné, son adversaire étant d’un niveau mondial, sept fois médaillé en Grand Prix, mais jamais en or et qui a visiblement ça dans les jambes aussi.
La trajectoire était différente pour Dylan Chelamootoo : poussé dans ses retranchements par le Dominicain Bernardo Pie, champion panaméricain en titre, il subissait dans le premier round (4-15) avant d’arracher le second 8-8 sur le gong puis le troisième 9-7 au cours d’un combat débridé. Une capacité à ne pas lâcher qui lui permettait de passer en quart, cette fois face au Jordanien Zaid Kareem, vice champion d’Asie. Un combattant survolté qui mettait tout de suite la pression à Dylan Chelamootoo et engageait le combat sur des bases très élevées. Battu 4-11 dans le premier round, le Français tentait de trouver le bon dosage, lançait, mais son adversaire était souvent plus rapide et alors que Dylan menait 9-4, la fin de combat voyait pleuvoir les points côté Jordanien… 10-9, deux rounds gagnants. Le combattant de Cergy ne verra pas les demi-finales.
Pas plus que Magda Wiet-Hénin vers laquelle les regards étaient tournés pour une médaille aujourd’hui. Son combat contre Ashley Kraayeveld le démontrait : elle avait envie d’envoyer fort. Alors qu’elle était à 8-8 face à l’expérimentée Canadienne (30 ans), elle changeait de braquet pour l’emporter 12-8, levant le poing sur chaque attaque, avant de conclure dans le deuxième round 10-4, son adversaire n’ayant d’autre choix que d’avancer sur elle. Le tour suivant lui proposait la Belge Sarah Chaâri. Un très grand gabarit qui avait fait un très beau combat au tour précédent face à la Chinoise Zhang et qui attaquait la Française d’entrée, menant 4-0 et même 6-1 avant que l’expérience de Magda ne vienne reprendre le dessus. Fatigue du jour accumulée, gêne de l’allonge de cette grande combattante ? Magda perdait le deuxième round et, malgré un superbe coup de pied au début du troisième, ne parvenait pas à maîtriser suffisamment ce combat perdu 7-11. Rageant.
Bleu parmi les Bleus ou presque du haut de ses vingt ans, c’est donc Théo Lucien qui a réalisé le joli coup du jour dans cette catégorie très concurrentielle des -68kg. Un huitième de finale remporté en trois rounds sur le Suédois Ali Alian qu’il parvenait à mettre dans la bonne direction après avoir perdu le premier, pour un quart face au Hongrois Levente Jozsa remporté aussi en trois rounds serrés… Théo Lucien, souvent mené mais impeccable d’envie et de pugnacité, se hissait en demi-finale de ce Grand Prix de France avec un grand sourire, et l’espoir d’aller chercher encore mieux. En demie, tout se jouait sur l’Espagnol Javier Perez Polo et son mètre quatre-vingt douze. Le combattant du 3MKTD gardait son cap, mais battu 1-3 dans le premier round, il subissait l’expérience du médaillé mondial 2019 et vice champion d’Europe en titre. Du bronze et une base solide pour la suite.
À l’issue de cette deuxième journée, dix-neuf pays sont médaillés, et cinq pointent à deux médailles : la France, l’Espagne et la Chine (1 or, 1 bronze), la Tunisie et la Corée (1 argent, 1 bronze).
Découvrez les podiums ainsi que les tirages du jour.
Olivier Remy / Sen No Sen
