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"Trois athlètes habitués aux podiums"

A la veille du premier Grand Prix de France, l'entraîneur de l'équipe de France de para-taekwondo Oury Sztantman a évoqué les attentes après une préparation idéale.
31 août 2022
 

"Paris avant Paris"

Des athlètes valides et para se sont réunis pour participer au premier Grand Prix de France. Une bonne chose pour le para-taekwondo ?

C'est clair, nous progressons ! Jusqu'à la saison dernière, nous n'avions que quelques tournois annuels en plus des compétitions internationales. Désormais, non seulement le calendrier s'étoffe avec trois nouveaux événements annuels organisés à Sofia, Levallois et Manchester, mais en plus l'appellation " Grand Prix " leur confère un grade G6, une valeur supérieure aux autres tournois qui motive les combattants. On l'a déjà vu à Sofia, où la majorité des meilleurs athlètes du monde avaient répondu à l'appel. En plus d'avoir le mérite de placer le para-taekwondo dans une dynamique d'insertion, l'ajout de Grand Prix à notre calendrier est vraiment un signe de prestige et de reconnaissance pour notre discipline. Contrairement au premier Grand Prix où les athlètes valides et para combattaient à mille kilomètres les uns des autres (le Grand Prix valide se déroulait à Rome tandis que l'épreuve para se déroulait à Sofia, ndlr), la France sera le premier Grand Prix à réunir des athlètes valides et para. Les premiers combattront vendredi, samedi et dimanche, et nous les suivrons le lundi, ce qui nous permettra de bénéficier de leur élan.

Comment avez-vous préparé l'équipe française avant cet événement ?

Depuis notre retour de Sofia au début du mois de juin, nous n'avons pas fait de pause. Toute l'équipe a pris ce tournoi à cœur et a passé les mois de juillet et août à se préparer. Nous avons disputé une compétition intermédiaire, puis les programmes se sont personnalisés en juillet : repos et entraînement en France pour Bopha Kong ; Djelika Diallo et moi sommes partis au Mexique pour dix jours d'entraînement aux côtés des para-taekwondoïstes mexicains et anglais. A son jeune âge, elle a joué le jeu et cela s'est avéré être une aubaine pour elle d'apprendre et de se mesurer, entre autres, au vice-champion olympique. Zakia Khudadadi aurait également dû faire partie du voyage mais des problèmes de visa l'en ont empêchée. Cependant, elle valide vraiment son intégration au pôle et récolte les fruits de son travail, tant en compétition que durant le dernier mois d'entraînement collectif à l'INSEP. Nous sommes maintenant entrés dans la dernière phase d'entraînement intensif avant ce que j'aime appeler " le grand show dans l'inconnu ". (sourire)

À deux ans des Jeux olympiques, quelles sont vos ambitions pour ce "Paris avant Paris" ?

Il y a trois mois en Bulgarie, nous avons remporté une médaille d'or et deux de bronze. Pour ce Grand Prix, nos ambitions de médailles et de podiums sont donc légitimes. Nous partons avec beaucoup d'espoirs et trois athlètes habitués aux podiums ! Cependant, le taekwondo étant un sport de combat où les sorties de route sont relativement fréquentes, notre trio d'athlètes reste concentré sur la tâche et nous essayons de ne pas ajouter de pression à la pression, surtout envers nos jeunes. Nous pourrons mesurer les progrès réalisés au cours du dernier trimestre puisque les meilleurs athlètes de chaque catégorie seront présents. Cependant, le para-taekwondo évolue rapidement, et une surprise comme l'était Djelika il y a trois mois est loin d'être exclue... mon travail sera aussi d'être attentif et de connaître ce profil d'adversaire. Il est certain qu'à moins de sept cents jours des Jeux de Paris, l'importance de l'événement sera différente. Nous espérons voir le maximum d'écoles et de jeunes issus des hôpitaux dans les tribunes car c'est ainsi que se créent les vocations ! C'est un sport dur, mais surtout beau... et même si nous aurons au moins cinq places disponibles pour Paris, l'équipe n'est actuellement composée que de trois athlètes. Si en cours de route nous tombons sur quelqu'un d'exceptionnel avec un réel potentiel paralympique, la porte pourra s'ouvrir !

Interview réalisée par Maël Jeanthon / Sen No Sen