Le mot du Directeur Technique National
« Un premier entraînement pour Paris 2024 »

Quel est l’état d’esprit du groupe tricolore à l’approche de ce Grand Prix disputé à domicile ?
Après la préparation estivale qui s’est bien déroulée, il y a beaucoup d’envie du côté de nos athlètes. Tous ont hâte d’être à cette fin de semaine pour pouvoir se frotter aux trente-deux meilleurs du moment dans chaque catégorie olympique. Cela va être très intéressant de suivre les performances des uns et des autres, d’autant qu’avec les invités que nous avons pu greffer à nos athlètes les mieux classés, nous nous présentons avec un collectif complet, fort de vingt-et-un athlètes avec nos trois para-taekwondoïstes que nous verrons en action lundi. Dans le détail, nous nous avançons avec des profils variés, entre nos meilleurs athlètes en capacité d’aller chercher le podium, d’autres plus loin au classement et qui hériteront de copieux tirages au sort d’entrée de jeu. Pour tous, cela va être une belle expérience, de laquelle il faudra tirer le maximum d’informations en vue des Jeux de Paris.

La dimension « combattre à domicile » est effectivement une donnée nouvelle à prendre en considération sur ce Grand Prix…
Depuis la création de ce circuit en 2014 (en 2013, seule une épreuve finale avait été organisée à Manchester pour l’inauguration, NDLR), c’est la première fois que la France accueille une étape, deux en comptant celle à venir en 2023. Ces deux épreuves, en plus du test event olympique à venir, doivent nous servir de tests grandeur nature pour trouver la meilleure configuration possible pour nos athlètes dans deux ans. Nous qui sommes davantage habitués à Coubertin, nous investissons le Palais des Sports de Levallois-Perret, comme nous ferons nos premiers pas au Grand Palais pour les Jeux. À nous de profiter de cette absence de repères pour baliser au mieux les choses. Apprendre à gérer la pression d’une grande compétition disputée à la maison va être une nouveauté pour tous, et ce Grand Prix constitue donc un premier entraînement pour Paris 2024. Tous ensemble, nous devons réussir à transformer cette charge supplémentaire en motivation, pour que chacun parvienne à s’exprimer en se transcendant. À l’issue de l’épreuve, nous pourrons jauger de l’impact de l’environnement affectif, et mettre en place les conditions les plus propices à la performance. Sportivement parlant, il n’y a pas meilleure configuration pour nous préparer.
Qu’attendez-vous en termes de résultats ?
C’est compliqué de présenter un objectif chiffré, et nous allons davantage nous attarder sur la performance d’ensemble, comme ce fut le cas lors de l’enchaînement championnats d’Europe-Grand Prix de Rome. Nous sommes en droit d’attendre des bonnes performances de tous ceux qui ont brillé lors de ces deux étapes, sans nous priver d’éventuelles belles surprises de la part des autres engagés. Battre le record français en Grand Prix, où nous ne sommes jamais parvenus à décrocher deux médailles d’or sur une même édition, est réalisable, avec tous les potentiels qui composent cette belle équipe de France. Nous avons désormais une capacité de performance que nous ne possédions pas ces dernières années, il faut simplement concrétiser cela sur l’aire de combat. Sans oublier de rester focalisé sur la suite, car ce Grand Prix est loin de constituer la finalité d’une saison qui s’annonce une nouvelle fois très dense. Le Grand Prix de Manchester (21-23 octobre) va vite arriver ensuite, tout comme les championnats du monde à Guadalajara (Mexique, 13-20 novembre), le Grand Chelem et le Grand Prix final de Wuxi (Chine, 6-7 et 12-13 décembre).
Propos recueillis par Antoine Frandeboeuf / Sen No Sen
